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Équipe d’accueil 2219

Conception, aménagement et gestion
du cadre bâti et de l’environnement
doctrines et pratiques.

L’équipe de recherche associe les sciences humaines et sociales aux diverses disciplines de l’aménagement et de l’environnement. Elle se consacre à l’ensemble des composantes du cadre de vie, à ses conditions d’avènement, aux doctrines et théories qui le prennent pour objet, à sa gestion, ses transformations et son éventuelle protection. L’histoire, les sciences politiques, la sociologie, l’économie, le droit, la géographie, l’écologie, l’architecture et l’urbanisme sont ainsi mis à contribution, séparément ou simultanément. Les travaux sont orientés selon deux axes concernant les contextes aménagés et urbanisés, d’une part, les milieux naturels mais soumis à de fortes pressions anthropiques, d’autre part. Des orientations transversales les relient régulièrement, grâce à la pluridisciplinarité du laboratoire, qui trouve sa particularité dans la conjonction des sciences humaines et sociales et des sciences de l’environnement.

Axe 1 : complexité et dynamique de l’urbanisation

Durant la décennie écoulée, le régionalisme architectural, qui lui avait été naguère quasi consubstantiel, a progressivement déserté l’habitat individuel, matière première de la périurbanisation. Il ne semble plus rencontrer le désir d’affirmation identitaire, qui avait fait son succès avec le secours d’une instrumentation politique et marchande longuement étudiée par le laboratoire. Le dépouillement des maisons et l’extrême simplification de leurs volumes deviennent désormais la marque d’une vertueuse économie de moyens. L’architecture du fonctionnalisme, à l’extrême austérité et aux prétentions universalistes, naguère jugée impropre à enclencher le processus d’affirmation identitaire, semble aujourd’hui en situation d’y parvenir, ce qu’il conviendra de vérifier et d’analyser, notamment sous l’angle d’un possible détournement de la doctrine du développement durable, qui condamne l’étalement urbain et en deviendrait paradoxalement un agent.
Le régionalisme, lui, a trouvé refuge dans de nouveaux quartiers au caractère urbain prononcé, destinés aux catégories moyennes et supérieures en quête de différenciation et de distinction. Un vocabulaire elliptique accompagne l’essor de ces opérations qui redonnent substance aux théories de la ville pittoresque inspirées de Camillo Sitte. On parlera de new urbanism par assimilation au mouvement américain qui s’est doté d’une charte éponyme en 1993, d’unmodern architecture ou encore d’alter architecture. On s’interrogera spécialement sur le déni théorique que l’Europe impose à ces mouvements, alors qu’aux États-Unis quelques auteurs et acteurs ont installé un débat stimulant et productif. Il s’agira en outre d’étudier la relation complexe entre la forme urbaine et l’architecture, qui divise la critique autour de la notion « d’invention de la tradition ».
Les villes reconstruites après la seconde guerre mondiale abordent aujourd’hui une nouvelle étape du long processus qui les amènerait à rejoindre le cortège des villes sédimentairement constituées. Elles s’y emploient de deux façons principales. La première consiste à relativiser l’importance de la partie relevée, qui jadis fut souvent la ville dans son entier, mais ne constitue désormais qu’une modeste composante de l’agglomération tout en en continuant toutefois à en concentrer l’image. Aujourd’hui, dans le contexte d’une intercommunalité de plus en plus intégrée, le projet consiste à fédérer l’ensemble des extensions produites depuis la guerre afin de concrétiser par un projet urbain la volonté de tenir un rôle métropolitain dont on attend qu’il dissolve les séquelles iconiques et psychologiques de la reconstruction.
Le second point consiste à exalter une « seconde mémoire ». En effet, après une période de refoulement, depuis quatre décennies maintenant la destruction de ces villes et leur relèvement monopolisent l’attention, ce qui est souvent assimilé à un lent travail de deuil. Elles s’évertuent désormais, par l’entremise de l’urbanisme, à raviver la mémoire d’époques antérieures afin de retrouver une épaisseur historique que leurs populations même leur dénient souvent. Les grands projets urbains en cours ou en préparation entendent se nourrir de ce passé. Nos travaux ont pour objectif de vérifier une proposition mise naguère à contribution pour étudier les conséquences des remembrements préalables aux reconstructions. Selon cette hypothèse, certaines précautions permettraient de maintenir les villes sinistrées dans une longue durée bénéfique, en dépit de la catastrophe qui les a affectées. Une comparaison sera effectuée avec le cas des reconversions économiques frappant brutalement d’anciennes régions industrielles et minières où les édifices sont semblablement utilisés pour restaurer une mémoire refoulée ou méjugée.

Axe 2 : complexité et dynamique des milieux naturels à fortes contraintes anthropiques

Les milieux dits « naturels » considérés ne sont évidemment pas indemnes d’interactions plus ou moins fortes avec les activités humaines, généralement de très longue date. Leur modification par l’homme est un phénomène global dont les origines et les causes peuvent généralement être corrélées avec des avantages stratégiques pour les populations humaines qui les initièrent, les perpétuèrent et, souvent, les amplifièrent. Cependant, le franchissement de certains seuils peut aussi engendrer des hostilités nouvelles conditionnant l’aménagement des territoires. L’objet d’étude correspond aux systèmes écologiques subissant de fortes contraintes naturelles et anthropiques. C’est notamment le cas des espaces périurbains et côtiers soumis à d’importantes interactions homme-nature, historiques ou contemporaines, qui influent fortement les trajectoires dynamiques d’écosystèmes porteurs par ailleurs d’importants enjeux patrimoniaux. Les approches développées, longtemps cantonnées dans l’échelle des communautés et des populations végétales, sont complétées par des recherches en termes de physiologie et de transfert de métabolites. Les restaurations étudiées comprennent désormais les sites pollués ou salinisés par phytorémédiation. Les dynamiques observées seront mises en perspective avec les systèmes déjà connus de l’équipe. Ces problématiques, liées au renouvellement urbain (conversion de sites industriels pollués, par exemple) ou aux évolutions agricoles, entrent pleinement dans le champ de l’aménagement du territoire, qui mobilise prioritairement l’ensemble du laboratoire.
En complément au diagnostic environnemental préalable à toute opération d’aménagement, l’évaluation environnementale est désormais une obligation réglementaire dans les plans de gestion d’espaces naturels et dans l’élaboration des documents d’urbanisme. L’évaluation du patrimoine naturel impose d’avoir à disposition des outils objectifs, fondés sur différents critères tels que l’originalité, la rareté et les menaces. L’approche multiscalaire est privilégiée, en analysant la biodiversité à différentes échelles, du rang infraspécifique à l’écosystème. Différentes méthodes de suivis adaptées aux caractéristiques des sites et aux objectifs de connaissance et de gestion conservatoire sont mises en œuvre : points-contacts, quadrats, lignes permanentes, cartographie environnementale.
Les aspects de valorisation de la biodiversité sont pour leur part considérés sous plusieurs angles. À l’échelle des paysages et des sites, elle est essentiellement liée au tourisme et comporte une composante économique et une composante sociale comprenant l’étude des images véhiculées et la mesure de l’effet des labels octroyés. À l’échelle des espèces, les possibilités de valorisation concernent les caractéristiques des écotypes littoraux, dont on envisagera l’utilisation dans le cadre d’opérations de restauration de sols salinisés, notamment dans le contexte de sols pollués en milieu urbain.

Orientations transversales

La première de ces orientations concerne les doctrines et les théories, qui incluent et instrumentent l’aménagement en impliquant désormais les milieux faiblement anthropisés. Le laboratoire entend étudier leur production, les prosélytismes qu’elles suscitent, les résistances qu’elles rencontrent et les résultats qui en ressortissent. La seconde est vouée au paysage, terme hautement polysémique, qui impose cependant l’idée d’un design généralisé de l’environnement. La troisième, intimement liée à la précédente, concerne la patrimonialisation qui, à ses raisons et modalités antérieures, ajoute désormais deux registres. L’un relève des exigences découlant de l’adhésion à l’idéologie du développement durable, qui impose la sauvegarde et la transmission d’un héritage soigneusement inventorié et sauvegardé ; l’autre, conçu comme un antidote aux excès de la mondialisation, consiste à instaurer un découplage entre le décor de la vie et les logiques perpétuellement changeantes et profondément bouleversantes travaillant la société. Une quatrième orientation concerne les nouvelles formes de gouvernance engendrées par la complexité croissante de la décision en matière d’aménagement et l’inadaptation des cadres qui prévalaient et suffisaient il y a peu encore. Aux aspects institutionnels, objets de nombreux travaux ces dernières années, le laboratoire ajoute un registre consacré aux diverses formes de négociation et de concertation, c’est-à-dire à l’expérimentation et à la critique des outils mis en œuvre dans ce qu’il est convenu d’appeler « la démocratie participative ». Il se déploie spécialement sur le terrain de la gestion environnementale, qui échappait à ces procédures jusque-là.

Projets 2012-2015

Deux chantiers seront particulièrement investis par l’équipe au cours des prochaines années. L’un sera consacré à une approche inédite de la dispersion urbaine et à une tentative de modélisation de « la ville invisible ». L’autre étendra le champ des études relatives à l’écologie de la restauration en ouvrant un volet de recherches plus fondamentales sur les dynamiques végétales.

Partenariats

- Régional : Universités de Rennes 1 et Rennes 2, École nationale supérieure d’architecture de Bretagne, collectivités locales et EPCI (Rennes, Brest, Lorient, etc….), CAUE 22 et 56, AMAB, etc.

- National : Plan Urbanisme, Construction et Architecture (ministère de l’Écologie), direction de l’Architecture et du Patrimoine (ministère de la Culture), Institut national d’histoire de l’art, réseau des instituts d’urbanisme (APERAU), comité français Homme et Biosphère, Réserves naturelles de France, Université de Bordeaux, École nationale supérieure d’architecture de Nancy.

- International : Comité Homme et Biosphère de l’UNESCO, EuroMab, Small island ecosystem, Society for ecological restauration, European heathland network, universités Laval et UQAM (Canada), Brno (République Tchèque), Bratislava (Slovaquie), Strathclyde (Écosse), Liverpool (Royaume-Uni), Cork (Irlande), Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions (Canada).

L’équipe « Géo­archi­tec­ture. Conception, aménagement et gestion du câdre bâti et de l’environnement : doctrines et pratiques » existe depuis la création de l’Institut en 1974.

Habilitée sous divers labels (jeune équipe, équipe d’accueil) depuis 1982, elle s’est étoffée des apports de chercheurs de toutes disciplines, de l’Université de Bretagne occidentale et de l’Université de Bretagne-Sud : architectes, écologues, économistes, ethnologues, géographes, juristes, sociologues (voir la composition de l’équipe, qui compte 0 enseignants-chercheurs permanents et 0 associés).

 

Programmes en cours

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